mercredi 20 février 2008

Sucre la fière - Potosi la riche ....

Séjour très agréable dans ces deux villes coloniales espagnoles, l'une revendiquant son statut de capitale constitutionnelle, l'autre tâchant tant bien que mal de récupérer un prestige et une richesse que les espagnols lui ont dérobés...

Sucre, ville étudiante et protestataire, centre des émeutes boliviennes de novembre... Cette ville blanche doit son nom au Général Sucre, qui fut nommé premier président de Bolivie après l'indépendance de 1825 par le Général Simon Bolivar, libérateur de l'ancien Alto Perú.

Pour une fois, nous avions établi un parcours chronométré nous permettant de découvrir, musée après musée, l'histoire et les coutumes de ce beau pays : Museos Universitarios, Casa de la Libertad, musée d'Art textile, et pour clore cette journée culturelle, rien de tel que d'assister à un magnifique coucher de soleil sur la ville.....



Potosi ou "Potoxsi", "la montagne qui explose" en quechua, comme la baptisèrent épouvantés les incas après leur première visite sur le site... Ce n'est que quelques années plus tard que le Cerro Rico sera exploité par les conquistadores, avides de richesses et de pouvoir, ne se souciant pas de la vie des milliers d'indiens qui périrent dans l'enfer des mines, ayant pour seule nourriture des feuilles de coca.
Argent, zinc, cuivre, étain... Le Cerro regorge de minéraux qui à l'époque affleuraient à flanc de montagne!
Combien de trésors naviguèrent depuis Potosi, alors deuxième ville du monde, jusqu'en Espagne pour remplir les coffres du Roi!

Mineurs de père en fils, les Potosinos continuent d'exploiter
fièrement leur Cerro Rico, y laissant leur santé (45 ans d'espérance de vie). Dès 10 ans, avant que leur père ne soit plus là, les enfants apprennent le métier. Combattre cette triste réalité est une cause qui tient à coeur à Jacqueline Gutierez... (42066.jacky-gc@yahoo.com). Si l'idée vous tente, sa fondation a besoin de volontaires pour l'aider à construire une école pour ces enfants et à trouver des fonds pour l'aider à monter son projet!
Faute de découvrir un filon dans les mines, nous nous sommes extasiées devant ces stalactites de sulfate de cuivre aux reflets bleutés et aux couleurs lumineuses....

Bolivie, quand tu nous tiens...

3 jours d'immense bonheur et d'émerveillement à la découverte de ces paysages de contes de fées autour du Salar d'Uyuni : étendues de lumière irréelles, rochers aux formes surréalistes, lagunes entourées de montagnes aux reflets changeants, scintillant au soleil au détour d'un virage, dans lesquelles s'ébattent de nobles flamants roses, geysers fumants dans un désert rouge que vient illuminer l'aube...

Nous vous laissons savourer ces quelques photos qui ne sont que le pâle reflet d'une réalité qu'il vous faut absolument venir contempler !!!





























Coroico et la descente de la mort !

Pourquoi la descente de la mort? C'est très simple : Départ Cumbre de la Paz (4200m d'altitude) ; Arrivée Coroico (1350m d'altitude) ; Moyen de transport : VTT (les freins et les suspensions sont bons, rassurez-vous!) ; Equipiers : notre guide et David, un jeune hollandais très sympa ; Chemin emprunté : la route la plus dangereuse au monde (surtout lorsque deux voitures brinquebalantes se croisent au bord d'un précipice...!).

On vous laisse imaginer l'euphorie de cette descente (contrôlée... ouf les freins ne nous ont pas lâchées!), la liberté ressentie, le vent dans les cheveux, ces paysages de montagne et de jungle défilant à toute allure sous nos roues, sans oublier les innombrables tâches de boue (et non de rousseur cette fois-ci) maculant nos belles combinaisons "Free Bikes" à chaque traversée de torrent...









Après l'effort le réconfort : la baignade dans la piscine de cet hôtel à touristes s'accompagne d'une musique de soirée Disco des années 80 comme on les aime ! Il faudra revenir pour la Cumbia bolivienne !

dimanche 10 février 2008

"Huayna Potosi, sommet le plus accessible du monde qu'y disaient...."

Arrivée La Paz, direction le Huayna Potosi, sommet
enneigé de 6088 m, un des sommets de plus de 6000 m les plus faciles...paraît-il. Au programme, 3 jours de trek, le premier consistant en une séance d'exercices censés nous permettre de manier avec dextérité piolets et crampons.

Ce premier jour est tout de même très light, nous passons en effet la plupart de notre temps à nous réchauffer sous notre sac de couchage, attendant que la pluie veuille bien cesser. Le deuxième jour, 3h de montée dans la rocaille et dans la brume, des 4720 m d'altitude du campo base jusqu'aux 5130m du campo alto. Oh bonheur, un refuge construit l'année dernière nous attend, les matelas et les oreillers de la mezzanine tendant les bras à nos petits corps essoufflés. Après-midi plutôt raccourci, d'autant que le Carnaval animant les rues de la Paz semble nous avoir rattrappées jusque là-haut!!! Lâchers de pétards, confettis, globos remplis d'eau ou de cerveza, on ne sait plus viennent perturber notre sieste... mais il est déjà 17h, l'heure de la soupe (mmh... encore!!!), puis nuit dès 18h...

"Despertense chicas, son las doce en punto y vamos a comenzar el ascenso!"
Eh oui, il est minuit, et nous voilà parties dans la nuit, en quête du sommet, en cordée de 5 lampes frontales.
Frayeur au début, va-t-on s'enfoncer comme ça longtemps dans la neige?? Chaque pas nous fatigue encore plus, les respirations s'accélèrent, les estomacs se manifestent, quelques pauses rythment notre marche, pauses bien involontaires dont Caro se relève le ventre chaque fois plus vide et les jambes plus faibless.... et qui finalement arrivent à point nomñe pour une Cécile que l'altitude n'épargne pas non plus...
Nous arrivons au pied du dernier mur (250 m de montée avec une pente de 50 degrés) à une heure tout à fait raisonnable... Le soleil n'est pas encore debout, après 4h30 de marche et la brume épaisse et l'obscurité dans lesquelles nous sommes montées ne semblent pas vouloir se dissiper. Qu'à cela ne tienne, 5900 m, c'est déjà une belle victoire, inutile d'aller plus loin... Malgré tout un exploit! Juan-Carlos, notre espagnol co de cordée a bien résumé la situation dans un langage des plus châtiés "Te lo digo, esta mujer tiene cojones!"

Nous amorçons la descente, les nuages s'évanouissent... et le soleil se lève au dessus du monde!!!! Une banquise illuminée qui se réveille dans le silence de l'aube :

























Après ces quelques jours hors du temps, nous retrouvons l'effervescence toute particulière à La Paz en ces jours de Carnaval. Attention, à tout moment et à chaque coin de rue peut surgir un bazooka rempli d'eau. Les enfants s'en donnent à coeur joie, mais pas seulement : même les vieilles dames ne manquent pas de tremper (voire de poursuivre!!) les gringos non avertis...
Bruyante et animée La Paz, capitale la plus haute du monde entourée de montagnes, seule ville où les populations aisées habitent les bas-quartiers et où les plus pauvres s'entassent à plus de 4000 m d'altitude sur les flancs de la montagne..


Quartier colonial ravissant, avec ses vieilles demeures organisées autour de jolis patios balconnés... Ville en ébullition avec ses nombreux marchés de rue tous plus colorés les uns que les autres, où l'on peut acheter aussi bien du mascara, des empanadas, des téléphones portables que... des squelettes de foetus d'alpaga (guide les offrandes vers la Pachamama...)... Un souvenir, ça vous tente?